Scolarisation de tous les enfants, révolution des représentations et pratiques

Publié le par Val

Titre d'une conférence à laquelle j'assistais début 2007,....... ma réflexion de l'époque.

Scolarisation de tous les enfants, révolution des représentations et pratiques





Le titre m'a paru prometteur tout comme l'idée de scolarisation remplaçant intégration scolaire.







En tant que parent j'ai rencontré pendant les 13 années de scolarisation de ma fille trois types d'enseignants.







Le premier type est l'enseignant qui ne souhaite pas recevoir d'enfant handicapé dans sa classe.



Ses arguments : il n'a pas été formé pour ça, cela ne fait pas partie de son travail.



Si la loi l’y oblige, nous parents nous n'insisterons pas de peur de voir notre enfant abandonné dans un coin de la classe et ça dans le meilleur des cas.



Pas de problème d'accompagnement par une AVS, puisque de toutes façons il refusera, par pudeur sans doute, toute intervention d'un tiers dans sa classe.







Le deuxième type d'enseignant est celui que nous allons rencontrer à force de le chercher. Mais pour un an seulement, l'année suivante, il faudra changer d'école pour en trouver un autre. Le collègue de la classe voisine étant du 1èr type.







Cette perle rare accepte notre enfant sans conditions, se remet en question, s'engage dans l'aventure, sans moyen aucun, en investissant seulement de son temps et une énergie considérable, sacrifiant aussi un peu parfois de sa vie personnelle.



En grattant un peu on s'aperçoit que l'individu a, dans la plupart des cas, déjà côtoyé la maladie ou le handicap lui-même..



Le troisième type d'enseignant est le plus courant. Culpabilisé, il ne serait pas contre.



Mais il se questionne et se sent bien seul.



Comment faire avec ses 28 autres élèves ?



Il a peur, Parce qu'il n'a bénéficié d'aucune formation

de blesser, l'enfant lui-même, ses parents,

de mettre en souffrance la classe,

de se mettre en souffrance lui-même

de devoir se battre contre les autres parents,

de ne pas réussir à apporter...

voir même de casser ce qui est déjà construit.





A cet enseignant on va tenir ce type de discours : « acceptez de ne pas réussir, comme vous en avez l'habitude ».



Il est choqué, il ne comprend pas son métier, sans parler de faire réussir à tout prix, lui demande, au moins, de faire progresser dans les apprentissages culturels mais aussi dans les savoirs fondamentaux.



Et moi parent je suis d'accord avec lui.







L'école est un droit pour ma fille en tant que lieu pour apprendre et pas de lieu de garderie.







Cet enseignant là, culpabilisé et toujours sans formation et sans moyens va s'entendre répéter : « que la scolarisation de tous les enfants est un droit, que l'A.V.S est une aide mais pas une condition à l `intégration (excusez le mot) »



bref qu'il devra se débrouiller seul avec

celle de cet enfant et de sa famille,

celle de sa souffrance personnelle face à une autre façon de faire réussir ou ne pas faire réussir l'élève

Pour nous parents, le choix n'a pas été possible, et notre regard s'est tout naturellement transformé.



Mais pour la majorité des gens qui ne connaissent pas et des enseignants de la 1ère et 3°catégorie une formation est indispensable.







Petite réflexion de ma fille sur le regard et la différence.







Lors de la préparation de la boum de ces 15 ans à laquelle était conviée une quinzaine de jeunes porteurs de handicap. Elle souhaitait inviter une jeune fille de son club de danse. Voici notre discussion :



« tu sais Marine, il arrive parfois que tu ne te sentes pas très à l'aise au milieu d'un groupe de jeunes du collège alors ton amie ne voudra peut-être pas venir.





La question que je me pose est maintenant la suivante : si les choses continuent ainsi sans moyens et sans formation l'enseignant de la 3ème catégorie basculera-t-il plutôt vers la 2ème ou vers la 1ère catégorie ?

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